Et si le développement commençait par ce que nous avons déjà ? Dans cet extrait du prochain épisode de Paroles d’Experts, l’économiste @Jemal Breideleil défend l’idée que la construction de l’économie mauritanienne doit partir de ses réalités, de ses ressources et de ses capacités existantes. Économiste, enseignant et chercheur, Jemal Breideleil a enseigné la macroéconomie et les politiques monétaires à l’Université de Bordeaux et à Kedge Business School. Ses recherches portent principalement sur le marché, l’État, la monnaie et les banques centrales. Il a récemment publié un ouvrage intitulé « L’indépendance de la banque centrale : le cas de la Banque centrale de Mauritanie », consacré à la question de l’indépendance des banques centrales. Bientôt sur Emergence.
Émergence Mauritanie
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Un magazine portant un regard neuf sur l'évolution économique de la Mauritanie.
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Emergence est un magazine économique mauritanien mettant en lumière l'évolution des secteurs d'activités majeurs du pays. Il s'agit aussi d'une plateforme numérique, disponible sous un site web, permettant aux internautes d'obtenir des informations économiques fiables.
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Le paradoxe mauritanien : plus de croissance, moins de pouvoir d’achat —— L’année 2026 dessine un paradoxe inédit pour l’économie mauritanienne : la croissance réelle devrait atteindre 5,5 %, mais l’inflation moyenne grimperait à 7,5 %, contre 1,6 % en 2025. Il ne faut toutefois pas opposer mécaniquement ces deux taux : le PIB réel mesure l’augmentation du volume de production, tandis que l’inflation mesure l’évolution du coût du panier consommé par les ménages. Leur divergence révèle néanmoins une réalité sociale : l’économie produit davantage, sans que cette amélioration garantisse une progression équivalente du niveau de vie. Une inflation déjà visible dans les marchés La hausse des prix n’est plus seulement une prévision budgétaire. Selon l’ANSADE, l’inflation atteignait en juin 2026 9,2 % en glissement annuel, tandis que sa moyenne sur douze mois s’établissait à 4,4 %. Dès avril, l’indice des prix avait bondi de 3,1 % en un seul mois, sous l’effet notamment du gaz, des carburants, du transport et des produits alimentaires. Le prix du gaz avait alors augmenté de 54,3 %, celui des carburants et lubrifiants de 9,6 %, tandis que les produits alimentaires progressaient de 3,4 %. Le choc énergétique s’est donc rapidement propagé au reste de l’économie. Le secteur qui tire la croissance n’est pas celui qui nourrit directement les ménages La croissance de 2026 repose largement sur le secteur extractif, dont la production réelle progresserait de 15,6 %. À moyen terme, les activités extractives représenteraient environ 26 % du PIB nominal. Le FMI est d’ailleurs plus prudent que le gouvernement : il projette une croissance totale de 4,8 % en 2026 et un ralentissement de la croissance non extractive à 4,4 %, sous l’effet de la hausse du pétrole et du tassement de la demande. Cette divergence souligne la fragilité du scénario : la Mauritanie bénéficie de la montée en puissance du gaz et des mines, mais subit parallèlement le renchérissement de l’énergie qu’elle importe et consomme. La croissance extractive améliore les exportations, le PIB et les recettes publiques, mais ses effets sont moins immédiats sur l’emploi, les salaires et les revenus quotidiens. À l’inverse, l’inflation frappe directement les ménages, notamment parce que l’alimentation représente plus de la moitié du panier utilisé par l’ANSADE pour mesurer les prix. Le contraste entre les indicateurs macroéconomiques et le ressenti de la population n’est donc pas contradictoire : il traduit une croissance encore insuffisamment diffusée dans l’économie domestique. L’État absorbe le choc, mais au prix d’un arbitrage budgétaire Pour éviter une transmission complète de la hausse internationale, le gouvernement porte les transferts courants de 14 à 23,8 milliards MRU. La subvention des produits pétroliers passe de 2,9 à 6,82 milliards MRU, tandis qu’un milliard supplémentaire est accordé à la SOMELEC. Les programmes de transferts sociaux sont également renforcés. https://lnkd.in/e-EXCCSR
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La Présidence de la République a annoncé, ce mardi, la nomination de l’ancien ministre Taleb Ould Sid’Ahmed en qualité de conseiller à la Présidence, par décret présidentiel. Taleb Ould Sid’Ahmed a notamment occupé le poste de directeur général du Port de la baie du Repos à Nouadhibou. Il a également été ministre de l’Emploi dans le premier gouvernement du président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani.
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La Présidence de la République a annoncé, mardi 4 août 2026, la nomination de l’ancien ministre Sidi Ahmed Ould Raïss à la présidence du Conseil national de régulation. Il succède à Ahmed Ould Mohamedou, qui occupait cette fonction depuis juin 2022. Le Conseil national de régulation est l’organe dirigeant de l’Autorité de régulation, institution chargée notamment de superviser les secteurs des communications électroniques, de l’électricité et de l’eau. Elle veille au respect des règles de concurrence, au contrôle des opérateurs ainsi qu’à la qualité des services fournis aux usagers. Économiste et ancien haut responsable de l’administration, Sidi Ahmed Ould Raïss a été gouverneur de la Banque centrale de Mauritanie, ministre des Affaires économiques et du Développement et directeur général du Port autonome de Nouakchott. Il occupait depuis avril 2025 les fonctions de conseiller à la Présidence de la République.
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La numérisation des services de la Société nationale de l’eau et leur intégration au portail national des services publics « Khadamati » ont été officiellement lancées ce mardi 4 août 2026, au siège de l’entreprise. La cérémonie s’est déroulée sous la supervision du secrétaire général du ministère de la Transformation numérique et de la Modernisation de l’administration, Khaled Abidine Sidi, accompagné du secrétaire général du ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement. Ce projet vise à permettre aux clients de la Société nationale de l’eau d’accéder à plusieurs services à distance, afin de simplifier les procédures, réduire les déplacements et les délais d’attente, et améliorer la qualité des prestations fournies aux usagers. L’initiative est le fruit d’une coopération entre le ministère de la Transformation numérique et de la Modernisation de l’administration et l’Agence allemande de coopération internationale (GIZ), dans le cadre de l’appui à la numérisation des services publics et au développement de solutions facilitant leur accès. L’intégration au portail « Khadamati » permettra ainsi aux usagers d’effectuer plusieurs démarches liées aux services de l’eau à partir d’une plateforme numérique unifiée. La cérémonie de lancement s’est tenue en présence de responsables et de cadres des deux secteurs, ainsi que de représentants de la GIZ et des équipes techniques chargées de la mise en œuvre du projet.
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Émergence Mauritanie accompagnera en qualité de partenaire média officiel la troisième édition du Forum Mauritanien de l’Ingénierie, qui se tiendra les 8 et 9 août 2026 au Centre International des Conférences Moktar Ould Daddah à Nouakchott. Organisé par la Mauritanian Engineering Community (MEC), le forum se déroulera sous le thème : « Ingénierie et souveraineté : bâtir les infrastructures d’un développement durable et résilient. » Cette édition réunira des ingénieurs, des étudiants, des institutions publiques, des entreprises et des experts autour de conférences, d’ateliers et de rencontres consacrés aux enjeux stratégiques de l’ingénierie et à son rôle dans le développement économique de la Mauritanie. Ce partenariat s’inscrit dans la mission d'Émergence Mauritanie valoriser les initiatives qui contribuent au développement économique, industriel et technologique de la Mauritanie, tout en offrant à ses lecteurs une information spécialisée sur les grands enjeux de l’ingénierie et des infrastructures nationales.
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Prochainement sur Émergence Mauritanie Pour ce nouveau numéro de Paroles d’experts, Émergence reçoit Dr Jemal Breideleil, économiste, enseignant et chercheur, à l’occasion de la publication de son ouvrage L’Indépendance des banques centrales : le cas de la Banque centrale de Mauritanie. Un entretien de fond pour prendre du recul, questionner les choix économiques et nourrir le débat sur les grandes orientations de la Mauritanie. À découvrir très prochainement sur les plateformes d’Émergence Magazine Économique. #Émergence #ParolesDExperts #JemalBreideleil #Économie #Mauritanie #BanqueCentrale #SouverainetéMonétaire #GouvernanceÉconomique
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Fécondité : la Mauritanie à 4,2 enfants par femme, avec de forts écarts entre les wilayas —•— La Mauritanie compte en moyenne 4,2 enfants par femme en 2023, mais la fécondité varie fortement d’un territoire à l’autre. Entre le Gorgol, qui affiche le niveau le plus élevé du pays, et l’Inchiri ou Nouakchott-Ouest, l’écart atteint 2,2 enfants par femme. Avec 5,7 enfants par femme, le Gorgol arrive en tête du classement national, devant le Tagant avec 5,6, le Brakna avec 5,2 et le Hodh Ech Chargui avec 5,1. L’Assaba enregistre 4,9 enfants par femme et le Hodh El Gharbi 4,7. À l’autre extrémité du classement, l’Inchiri et Nouakchott-Ouest affichent chacun un indice de 3,5. Dakhlet Nouadhibou et Nouakchott-Nord suivent avec 3,9 enfants par femme. La situation reste également contrastée dans le reste du pays. Le Trarza et le Tiris Zemmour enregistrent chacun 4,3 enfants par femme. Nouakchott-Sud se situe exactement au niveau de la moyenne nationale, avec 4,2, tandis que l’Adrar et le Guidimakha affichent chacun 4,0. Au total, six wilayas sur quinze enregistrent un indice égal ou supérieur à 4,7 enfants par femme. Les niveaux les plus élevés apparaissent principalement dans certaines wilayas du sud, du centre et de l’est, tandis que les indices les plus faibles sont observés dans des territoires urbains, littoraux ou faiblement peuplés. La série publiée par l’ANSADE montre également une baisse de l’indice national, passé de 5,2 enfants par femme en 2019 à 4,2 en 2023. Cette évolution ne gomme toutefois pas les écarts territoriaux, qui représentent un enjeu important pour la planification des écoles, des services de santé, des infrastructures et des politiques sociales. L’indice synthétique de fécondité mesure le nombre moyen d’enfants qu’aurait une femme au cours de sa vie si les niveaux de fécondité observés durant l’année de référence restaient constants.
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Les recettes fiscales constituent le principal pilier du budget rectifié de l’État pour 2026. Elles devraient atteindre 93,72 milliards MRU, soit 67 % des 139,52 milliards MRU de recettes budgétaires prévues. Autrement dit, sur trois ouguiyas mobilisées par l’État, près de deux proviennent des impôts et taxes. Cette forte dépendance aux recettes fiscales traduit l’élargissement progressif de l’assiette et le renforcement de la collecte, mais pose aussi la question de la répartition de l’effort fiscal entre les entreprises, les salariés et les consommateurs.
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Le président sénégalais, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, a reçu, vendredi 31 juillet 2026 au Palais de la République à Dakar, le ministre mauritanien des Affaires étrangères, Mohamed Salem Ould Merzoug, porteur d’un message du président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani. Selon la présidence sénégalaise, ce message s’inscrit dans la volonté des deux chefs d’État de maintenir une concertation permanente entre Dakar et Nouakchott, au regard des relations historiques, humaines et économiques qui unissent les deux pays. L’audience comportait également un important volet diplomatique. La délégation mauritanienne a présenté au président sénégalais la candidature de Coumba Ba au poste de secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie et sollicité le soutien de Dakar à cette candidature. La Mauritanie avait officiellement annoncé, le 17 avril 2026, la candidature de l’ancienne ministre et actuelle ministre-conseillère à la présidence, mettant en avant son expérience gouvernementale et sa connaissance des mécanismes de coopération multilatérale. Coumba Ba figure parmi les quatre candidats en lice pour diriger l’OIF durant la période 2027-2030. Elle affronte l’actuelle secrétaire générale, la Rwandaise Louise Mushikiwabo, la Congolaise Juliana Amato Lumumba et l’ancien Premier ministre roumain Dacian Cioloș. Les quatre candidats ont été auditionnés le 30 juin 2026 par les ministres et représentants des États membres. Une procédure publique organisée pour la première fois dans l’histoire de l’organisation, afin de permettre aux candidats de présenter leurs programmes et de répondre aux questions des délégations. La candidate mauritanienne défend une Francophonie davantage orientée vers l’action, l’efficacité institutionnelle et des résultats mesurables, avec des priorités portant notamment sur la jeunesse, l’éducation, l’emploi, le numérique, l’intelligence artificielle et la coopération économique. Le prochain secrétaire général de l’OIF sera élu par les chefs d’État et de gouvernement des 53 membres de plein droit, lors du XXᵉ Sommet de la Francophonie prévu le 16 novembre 2026 à Phnom Penh, au Cambodge. L’OIF regroupe au total 90 États et gouvernements, dont 53 membres, cinq membres associés et 32 observateurs. La démarche menée à Dakar marque ainsi une nouvelle étape de la campagne diplomatique engagée par Nouakchott pour rallier les États francophones à la candidature de Coumba Ba, dans une compétition qui reste ouverte face à trois autres candidatures soutenues par le Rwanda, la République démocratique du Congo et la Roumanie.
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