Afrique mémoires d'un continent donne la parole aux aînés, femmes et hommes, aux savoirs précieux, pour qu'ils nous racontent l'histoire de l'Afrique et le rapport qu'ils entretiennent avec le continent. Chacune de ces grandes voix du continent reviendra sur quatre séquences de son choix, quatre moments cruciaux qui les ont marquées, travaillées, inspirées. Souleymane Bachir Diagne, penseur et philosophe sénégalais, auteur de Comment philosopher en Islam (éd. Philippe Rey) et Universaliser (éd. Albin Michel). Pour aller plus loin L’émission propose une plongée originale dans l’histoire de l’Afrique à travers la parole de grandes figures intellectuelles. L’idée est de donner la voix à des penseurs du continent afin qu’ils racontent leur rapport à l’histoire, en sélectionnant des dates marquantes. Ces moments clés permettent de mieux comprendre non seulement le passé africain, mais aussi les trajectoires personnelles de ceux qui le racontent. Cette démarche met en lumière une histoire dynamique, inscrite dans les circulations du monde. Elle montre que la mémoire africaine ne se limite pas à des événements figés, mais qu’elle est portée par des expériences, des réflexions et des engagements intellectuels. Quatre dates pour comprendre l’Afrique Le philosophe Souleymane Bachir Diagne choisit quatre moments emblématiques. Le premier est le pèlerinage de Mansa Moussa au XIVᵉ siècle. Cet événement révèle une Afrique ouverte, connectée, engagée dans des échanges intellectuels, commerciaux et diplomatiques. Il rappelle que le Sahara était un espace de circulation et non une frontière. La deuxième date, 1830, marque la conquête de l’Algérie par la France. Elle symbolise le début de la colonisation moderne du continent, caractérisée par la violence, la domination et les résistances locales. La troisième date, 1956, correspond au premier congrès des écrivains et artistes noirs à Paris. Ce moment incarne une prise de parole collective des peuples colonisés, affirmant leur place dans l’histoire et revendiquant un universel partagé. Enfin, 1990, avec la libération de Nelson Mandela, représente un tournant majeur. Cet événement incarne l’espoir, la réconciliation et une nouvelle vision politique fondée sur l’humanisme et le concept d’Ubuntu. Entre histoire, identité et universel À travers ces dates, se dessine une réflexion profonde sur l’histoire africaine et son rôle dans le monde. L’Afrique apparaît comme un espace de savoirs, de résistances et de renouveau. Chaque moment choisi éclaire une dimension essentielle : l’ouverture, la domination, l’émancipation et la réconciliation. L’ensemble invite à repenser l’universel comme une construction collective. Cette mémoire plurielle montre que l’histoire du continent africain est indissociable de celle du monde et qu’elle continue d’inspirer les générations présentes et futures. En partenariat avec Retronews, le site de presse de la Bibliothèque nationale de France.