Papers by Benoit Gbemenou
Revue Marocaine des Sciences Agronomiques et Vétérinaires, 2019
This paper analyzes the impact of a land price administration on structural change from agricultu... more This paper analyzes the impact of a land price administration on structural change from agricultural sector to other sectors of the economy. We developed a two-sector recursive dynamic computable general equilibrium model, in which the rural agricultural sector uses the land factor, in addition to labor and capital. The urban non-farm sector uses labor and capital. The mobility of the labor force from agriculture to the non-agricultural urban sector is favored by migration. The model is calibrated on the 2013 social accounting matrix of Morocco, built for this purpose. The empirical results show that the administration of land prices has a negative impact on labor demand in the non-agricultural sector, leads to a delay in structural transformation and has a positive and significant effect on rural wages.

Fonctionnement du marché foncier agricole et transformation structurelle au Maroc: Une analyse en équilibre général calculable dynamique
Revue Marocaine des Sciences Agronomiques et Vétérinaires, 2019
This paper analyzes the impact of a land price administration on structural change from agricultu... more This paper analyzes the impact of a land price administration on structural change from agricultural sector to other sectors of the economy. We developed a two-sector recursive dynamic computable general equilibrium model, in which the rural agricultural sector uses the land factor, in addition to labor and capital. The urban non-farm sector uses labor and capital. The mobility of the labor force from agriculture to the non-agricultural urban sector is favored by migration. The model is calibrated on the 2013 social accounting matrix of Morocco, built for this purpose. The empirical results show that the administration of land prices has a negative impact on labor demand in the non-agricultural sector, leads to a delay in structural transformation and has a positive and significant effect on rural wages.

Ce papier analyse la contribution de la transformation structurelle à travers une décomposition d... more Ce papier analyse la contribution de la transformation structurelle à travers une décomposition de la productivité du travail au Bénin sur la période 2000-2021, ainsi que l’impact sur la croissance économique et la transformation structurelle de deux approches de développement alternatives. Dans le cadre de la première approche, trois secteurs sont ciblés séparément : l'agriculture, l’industrie agro-alimentaire, et les autres industries manufacturières. Chaque choix sectoriel vise à représenter des stratégies de développement alternatives que nous appelons (i) croissance tirée par l’agriculture (SCAGRI) ; (ii) croissance portée par l’industrie agro-alimentaire (SCFOODIND) ; et (iii) croissance tirée par le secteur des « autres industries manufacturières » (SCOTHMANU). La seconde approche de développement (SCSMIX), plus large, suppose un accroissement simultané de la productivité dans l’ensemble des trois secteurs. Un modèle d'équilibre général calculable dynamique à deux pays (Bénin-Nigéria), a été utilisé pour les simulations.
La décomposition de la productivité du travail révèle une contribution positive de la composante intersectorielle (transformation structurelle) aux gains de productivité. Cependant, cette contribution est relativement faible et stable sur toute la période d’analyse, s’élevant à +0,5% en moyenne par an, représentant seulement un cinquième des gains de productivité. Au cours de la période 2000-2010, la réallocation de la main-d’œuvre s’est opérée du secteur agricole et de l’industrie manufacturière, deux secteurs présentant des niveaux de productivité similaires et les plus bas de l’économie en 2010, vers d’autres secteurs. Au cours de la période suivante, sous l’effet de l’accélération des gains de productivité dans le secteur agricole, la réallocation de la main-d’œuvre s’est principalement orientée vers le reste de l’économie, notamment les services informels à faible productivité, limitant ainsi le potentiel de croissance économique.
Les résultats du modèle suggèrent qu’en dépit d’une croissance soutenue du secteur agricole, sa part dans le PIB devrait continuer de régresser après la légère hausse observée entre 2015 et 2018. La stratégie SCAGRI contribue à accélérer la réallocation de la main-d'œuvre de l’agriculture vers les autres secteurs de l’économie favorisant ainsi le processus de transformation structurelle. L’accès au marché extérieur en contribuant à limiter la baisse des prix des produits agricoles et les risques d’érosion des termes de l’échange de ces derniers, favorisent la hausse du revenu des ménages conjointement à une baisse des prix des produits alimentaires. Les résultats des scénarios SCFOODIND et SCOTHMANU soulignent la nécessité d’une stratégie de développement large afin d’exploiter pleinement le potentiel de croissance de l’industrie manufacturière.

This paper analyzes the macroeconomic impacts and welfare effects of increasing public health car... more This paper analyzes the macroeconomic impacts and welfare effects of increasing public health care expenditure through domestic and external resources mobilization. A dynamic computable general equilibrium (CGE) model framework has been used for the purpose. The results of the model simulation suggest that an increase in government healthcare expenditure in Morocco facilitates health care services expansion and improves households' welfare. When skilled labor employed in healthcare sector is considered specific, private health care expansion is constrained. This leads to a slightly increase in non-health sectors growth and the country real gross domestic product, compared to experiments with mobile skilled labor. External resources mobilization appears as a good option when compared with domestic resource mobilization. However, in the long term, there are sustainability issues of the social protection model due to increasing indebtedness. Therefore, policy options that propose creating budgetary space for health reform based on domestic resource mobilization through taxes are suitable.

Résumé Cet article examine la contribution de la transformation structurelle à l’accroissement de... more Résumé Cet article examine la contribution de la transformation structurelle à l’accroissement de la productivité du travail en Afrique ainsi que ses déterminants. L’analyse porte sur les données de la période 1991-2017 couvrant 37 pays du continent. La croissance de la productivité du travail a été globalement faible (+1,0% par an) au cours de la période d’analyse. La contribution de la transformation structurelle a représenté environ 1/3 des gains de productivité. Elle s’est nettement améliorée depuis le début des années 2000, même si la part intra sectorielle reste prépondérante. Dans les pays sans littoral, la contribution de la transformation structurelle à l’accroissement de la productivité est restée positive et supérieure à son niveau dans les pays côtiers. La réallocation de la main-d’œuvre vers le secteur des services a été le principal moteur de la transformation structurelle sur le continent au cours de la période 1991-2017. En Afrique de l’Est, une phase intermédiaire e...

Cet article examine la contribution de la transformation structurelle à l'accroissement de la pro... more Cet article examine la contribution de la transformation structurelle à l'accroissement de la productivité du travail en Afrique ainsi que ses déterminants. L'analyse porte sur les données de la période 1991-2017 couvrant 37 pays du continent. La croissance de la productivité du travail a été globalement faible (+1,0% par an) au cours de la période d'analyse. La contribution de la transformation structurelle a représenté environ 1/3 des gains de productivité. Elle s'est nettement améliorée depuis le début des années 2000, même si la part intra sectorielle reste prépondérante. Dans les pays sans littoral, la contribution de la transformation structurelle à l'accroissement de la productivité est restée positive et supérieure à son niveau dans les pays côtiers. La réallocation de la main-d'oeuvre vers le secteur des services a été le principal moteur de la transformation structurelle sur le continent au cours de la période 1991-2017. En Afrique de l'Est, une phase intermédiaire est observée durant la période 1991-2001. Cette dernière est marquée notamment par une transformation structurelle portée par le secteur industriel. Enfin, l'analyse économétrique sur les potentiels déterminants révèle que le rythme de la transformation structurelle est fortement influencé par le capital humain et physique, la croissance démographique et le niveau initial de l'emploi agricole. La combinaison d'effets push et pull est ainsi nécessaire pour une accélération de la transformation structurelle sur le continent et l'accroissement du revenu par habitant. D'une part, les investissements dans les infrastructures économiques seront cruciaux pour accélérer la croissance dans les secteurs non agricoles, créateurs d'emploi. D'autre part, l'accélération de la transition démographique et l'investissement dans le capital humain contribueraient à réduire la pression sur l'offre de travail tout en garantissant une main d'oeuvre qualifiée. Compte tenu de sa part initiale dans l'économie globale, une croissance rapide du secteur agricole sera également nécessaire pour une accélération du processus de transformation structurelle.

Critique économique, 2019
Cet article examine la contribution de la transformation structurelle à l'accroissement de la pro... more Cet article examine la contribution de la transformation structurelle à l'accroissement de la productivité au Maroc au cours de la période 1999-2016. Les changements structurels ont représenté environ un cinquième (1/5) des gains de productivité du travail au cours de cette période. Les dynamiques intra-sectorielles, en particulier au niveau du secteur agricole, représentent ainsi les principaux moteurs des gains de productivité observés. La hausse de l'intensité capitalistique dans le secteur agricole, notamment dans le sous-secteur exportateur, s'est en effet traduite par une accélération de la productivité de la main-d'oeuvre dans ce secteur (+4,9% par an entre 1999-2016) et une réallocation des sous-secteurs/filières à faible productivité vers le sous-secteur/filières d'exportation. Conséquence, la contribution du changement structurel (réallocation intersectorielle) aux gains de productivité à l'échelle nationale aura été plus importante entre 1999 et 2007 (26%) que lors de la période 2007-2016 (18%). La réallocation de la main-d'oeuvre s'est faite au cours de la période récente principalement vers des secteurs dont la productivité est proche de l'agriculture, notamment le commerce et le BTP, limitant la contribution du processus de transformation à la croissance économique. Comparée à d'autres pays en développement, cette transformation structurelle en cours au Maroc apparait peu performante, et par moment contre-productive. Au niveau régional, toutes les régions ont enregistré une baisse de la part des travailleurs du secteur agricole. Toutefois, le mouvement de la main d'oeuvre de l'agriculture vers les autres secteurs, et en l'occurrence celui des services est inégalement réparti dans les régions, faisant apparaitre d'importantes différences dans le processus de transformation structurelle. Globalement, trois groupes se distinguent. Le premier est caractérisé par une réallocation de la main d'oeuvre de l'agriculture vers l'industrie. Quant au second groupe, le processus de réallocation est porté aussi bien vers l'industrie que les services. Le dernier groupe présente une transformation structurelle portée principalement vers le secteur des services. A quelques exceptions près, la mobilité de la main d'oeuvre s'est faite conjointement à une chute de la productivité par rapport à la moyenne régionale dans le principal secteur destinataire et une amélioration dans le secteur d'origine. Au terme de ces analyses, il semble que contrairement au modèle traditionnel, que l'essentiel des gains de productivité se soit produite au sein même des secteurs. La question que devra s'attacher de répondre les prochaines recherches, serait d'analyser les causes de cette faible capacité de l'économie marocaine à faire de la mobilité intersectorielle une source de la croissance de la productivité. S'agirait-il de causes socio-politiques, ou institutionnelles ? Qu'est ce qui l'explique ?

Revue Marocaine des Sciences Agronomiques et Vétérinaires, 2019
Le présent article analyse l’impact d’une administration du prix du foncier sur la transformation... more Le présent article analyse l’impact d’une administration du prix du foncier sur la transformation structurelle, de l’agriculture vers les autres secteurs de l’économie. Nous avons développé un modèle d’équilibre général calculable dynamique séquentiel à deux secteurs, dans lequel le secteur agricole rural utilise le facteur terre, en plus du facteur travail et du capital. Le secteur non agricole urbain, utilise la main d’œuvre et du capital. La mobilité de la main d’œuvre de l’agriculture vers le secteur urbain non agricole est favorisée par la migration. Le modèle est calibré sur la matrice de comptabilité sociale de 2013 du Maroc, construit à cet effet. Les résultats empiriques montrent que l’administration des prix du foncier a un impact négatif sur la demande de travail dans le secteur non agricole, entraine un retard de la transformation structurelle et a un effet positif et significatif sur les taux de salaires ruraux.
Drafts by Benoit Gbemenou

Le Nigéria, première puissance économique d’Afrique de l’Ouest occupe une place centrale dans le ... more Le Nigéria, première puissance économique d’Afrique de l’Ouest occupe une place centrale dans le commerce extérieur béninois, en absorbant plus de la moitié des exportations de biens du Bénin. Avec une économie environ vingt-sept fois plus petite, le Bénin entretient avec son voisin une relation marquée par une forte asymétrie, dans laquelle certaines décisions de politique économique prises à Abuja produisent des effets significatifs sur plusieurs secteurs, dont entre autres les activités de réexportation, le commerce de véhicules d’occasion, ainsi que les secteurs de l’énergie (en particulier les carburants) et des transports. Les épisodes de fermeture unilatérale des frontières, souvent liés à la régulation des flux de contrebande et de réexportation, illustrent la sensibilité de certains équilibres économiques béninois aux choix de politique publique nigériane.
Dans ce contexte, la déclaration politique signée à Abuja en juin 2025, ouvrant la voie à des négociations en vue d’un accord de partenariat économique renforcé, reflète une volonté politique de consolidation des relations entre les deux pays.
Face à une asymétrie de puissance qui limite la portée effective des mécanismes institutionnels classiques de règlement des différends commerciaux et de coordination des politiques économiques la note privilégie une approche fondée sur la transformation progressive de la relation bilatérale. L’enjeu est de renforcer la résilience de l’économie béninoise face aux évolutions de la politique économique nigériane tout en construisant progressivement une relation économique davantage fondée sur des intérêts partagés. Cette stratégie repose sur plusieurs leviers complémentaires :
• la gestion des risques énergétiques ;
• la formalisation de l’économie informelle comme levier d’élargissement des débouchés et de renforcement de la base productive ;
• la montée en gamme industrielle via la Zone économique spéciale de Glo-Djigbé, afin de développer des exportations à plus forte valeur ajoutée vers le Nigéria ;
• l’attraction et l’ancrage d’investissements nigérians au Bénin, afin de créer des incitations économiques favorables à la continuité des échanges ;
• la diversification des marchés dans le cadre de la ZLECAf.
La mise en œuvre de ces orientations suppose enfin des instruments de pilotage adaptés, notamment la pérennisation de l’enquête sur le commerce extérieur non enregistré, une veille économique sur les réformes nigérianes et un accompagnement ciblé des filières les plus exposées.
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Papers by Benoit Gbemenou
La décomposition de la productivité du travail révèle une contribution positive de la composante intersectorielle (transformation structurelle) aux gains de productivité. Cependant, cette contribution est relativement faible et stable sur toute la période d’analyse, s’élevant à +0,5% en moyenne par an, représentant seulement un cinquième des gains de productivité. Au cours de la période 2000-2010, la réallocation de la main-d’œuvre s’est opérée du secteur agricole et de l’industrie manufacturière, deux secteurs présentant des niveaux de productivité similaires et les plus bas de l’économie en 2010, vers d’autres secteurs. Au cours de la période suivante, sous l’effet de l’accélération des gains de productivité dans le secteur agricole, la réallocation de la main-d’œuvre s’est principalement orientée vers le reste de l’économie, notamment les services informels à faible productivité, limitant ainsi le potentiel de croissance économique.
Les résultats du modèle suggèrent qu’en dépit d’une croissance soutenue du secteur agricole, sa part dans le PIB devrait continuer de régresser après la légère hausse observée entre 2015 et 2018. La stratégie SCAGRI contribue à accélérer la réallocation de la main-d'œuvre de l’agriculture vers les autres secteurs de l’économie favorisant ainsi le processus de transformation structurelle. L’accès au marché extérieur en contribuant à limiter la baisse des prix des produits agricoles et les risques d’érosion des termes de l’échange de ces derniers, favorisent la hausse du revenu des ménages conjointement à une baisse des prix des produits alimentaires. Les résultats des scénarios SCFOODIND et SCOTHMANU soulignent la nécessité d’une stratégie de développement large afin d’exploiter pleinement le potentiel de croissance de l’industrie manufacturière.
Drafts by Benoit Gbemenou
Dans ce contexte, la déclaration politique signée à Abuja en juin 2025, ouvrant la voie à des négociations en vue d’un accord de partenariat économique renforcé, reflète une volonté politique de consolidation des relations entre les deux pays.
Face à une asymétrie de puissance qui limite la portée effective des mécanismes institutionnels classiques de règlement des différends commerciaux et de coordination des politiques économiques la note privilégie une approche fondée sur la transformation progressive de la relation bilatérale. L’enjeu est de renforcer la résilience de l’économie béninoise face aux évolutions de la politique économique nigériane tout en construisant progressivement une relation économique davantage fondée sur des intérêts partagés. Cette stratégie repose sur plusieurs leviers complémentaires :
• la gestion des risques énergétiques ;
• la formalisation de l’économie informelle comme levier d’élargissement des débouchés et de renforcement de la base productive ;
• la montée en gamme industrielle via la Zone économique spéciale de Glo-Djigbé, afin de développer des exportations à plus forte valeur ajoutée vers le Nigéria ;
• l’attraction et l’ancrage d’investissements nigérians au Bénin, afin de créer des incitations économiques favorables à la continuité des échanges ;
• la diversification des marchés dans le cadre de la ZLECAf.
La mise en œuvre de ces orientations suppose enfin des instruments de pilotage adaptés, notamment la pérennisation de l’enquête sur le commerce extérieur non enregistré, une veille économique sur les réformes nigérianes et un accompagnement ciblé des filières les plus exposées.