Le Coran ou le Testament des Califes Genèse du sacré dans le proto-islam Le Coran décréé Ismaël, ... more Le Coran ou le Testament des Califes Genèse du sacré dans le proto-islam Le Coran décréé Ismaël, fils d'Abraham, père des Arabes L'équipe de « scribes-auteurs et les Califes Rappelons tout d'abord, le rôle des équipes de « scribesauteurs » et de celles des lecteurs du ductus coranique ; ces équipes commanditées et pilotées par Les Califes sont de facto entièrement soumises à leurs exigences politiques variables. Ces équipes ont pu arranger le script coranique initial, facilement par l'ajout de diacritisme puisque ce dernier n'existait pas dans l'état originel des parchemins. L'ajout du diacritisme et l'effacement ou l'ajout de mots ont pu rectifier le sens, voire le modifier totalement montre C. Luxenberg.
Auteur de « Genèse du sacré dans le proto-islam » « Le Testament des Califes CONFISCATION DE LA P... more Auteur de « Genèse du sacré dans le proto-islam » « Le Testament des Califes CONFISCATION DE LA PAROLE D'ALLAH Instabilité et spécificités des élocutions Nous l'avons déjà signalé dans Genèse du Sacré, les compilateurs du Coran utilisent nombre de filtres exégétiques pour accomplir la substitution des élus de l'Alliance et confisquer la Parole d'Allah. Quand ils ne peuvent matériellement plus toucher au texte, ils réorientent son sens en vue de rendre compte de cette substitution de la communauté des Fils d'Israël en faveur de l'umma. Les nombreuses spécificités de l'élocution coranique sont autant de preuves de ces exégèses. Nous nous focaliserons sur elles.
Le Coran déclame sans cesse l'épopée des hauts
faits de l'Alliance. Il ne fait que cela, il est r... more Le Coran déclame sans cesse l'épopée des hauts faits de l'Alliance. Il ne fait que cela, il est récitation de l’Alliance. Il regorge de toutes les typologies de celle-ci : exode réactualisé en hiǧra, invocations enflammées au Mont Sinaï :Ṭūr sīnīn –transplanté en Arabie méridionale –, hyper sacralisation et focalisation de l'espace divin – maison de Dieu et espaces consacrés à Dieu (« ḥaram ») – descentes incessantes de signes –‘ayat523 – , Shekinah apaisante accompagnant l’ouverture de l’ultime combat et enfin de l’Esprit Saint planant sur certains élus, élevés (Q2/253, Q19/17, Q4/171, Q2/87, Q16/102). Cette Shekinah, manifestation particulière de la présence de Dieu, en certains lieux ou à certaines personnes, dans des circonstances exceptionnelles – sur le Sinaï (Ex 24, 14-15), dans la tente de réunion (Ex 40. 34-35) et dans le Temple de Jérusalem (1 R 8, 10-11 ; Ez 43,4-6), la montagne du sanctuaire – « descend » sur le messager aux sourates 2, 9, 48 x2 lors d’un combat eschatologique. déconnectée progressivement de toute notion connotant la présence de Dieu524 et de celle de qiyāman, comprise comme un élément symbolique et gestuel. Oui ce corpus est un magistral hypertexte qui relie et tisse sans cesse les fils d'or de l'Alliance mosaïque et évangélique. Il reflète à n’en pas douter, la formation syro-araméenne des prédicateurs pétris de psalmodies d'homélies syriaques et celles des scribes judéo- arabes réquisitionnés pour cette tâche. Aussi, sous le calame des scribes réquisitionnés – pétris de récits bibliques dont parle la tradition islamique – tel Zayd b. Thābit – et de ces lecteurs-philologues, le désir de pacte mosaïque est fébrile et véhément ; les thèmes de l'exode, du Sinaï, de l'obéissance et de la Loi martèlent inlassablement la récitation de l'Alliance. Cependant, cette Alliance est virtuelle et mythique puisque sa réactualisation se fait en émiettant et dispersant les sources bibliques et en répudiant leurs herméneutiques. L’acte d’écrire ce corpus, cet umm al kitab des arabes ummis est érigé comme la pierre angulaire et vénérable. L’acte de le proclamer va fédérer la umma, « meilleure communauté » garante et gérante du « kutiba » (ce qui est prescrit). La proclamation d’une nouvelle Alliance de façon orale est une caractéristique du judéo-christianisme des origines qui considérait les écritures closes et pour qui la nouvelle alliance ne pouvait qu’être qu’incarnée. On note l'inversion chronologique : le Livre sacré des juifs et chrétiens suit toujours un acte de l’Alliance, alors que la Vulgate précède un Pacte mythique et purement littéraire. En ressassant de façon incessante ces faits puisés aux racines du Deutéronome et en les mettant en branle dans le combat pour la croyance en lui-même, les auteurs du Coran cherchent à faire de ce dernier Le sceau de l'Alliance, l’alpha et l’oméga de cette dernière. Le « Pacte » doit être compris comme l'Acte écrit, donc scellé, de 524. Lughat ul qur’an. 346 l'Alliance, Acte sacré qui englobe toutes les alliances,525 acte légalisé qui transcrit et accuse à chaque récit, l’histoire des Alliances rompues. Le Coran est l'hypertexte écrit, une fois pour toute, la quintessence de tous les Actes des Alliances, il se présente comme le Testament rectifié. Aussi les logia justifiant la fondation de ce nouveau Pacte implicite, brodent invariablement sur cet épisode mosaïque de la réception ratée de la Loi. En dépit de ses variantes, le principal récit fondateur du Coran et de son Pacte est incontestablement le don de la Torah à Moïse au Sinaï. Le « Rappel » de cet épisode mosaïque ne peut ni concerner des polythéistes présupposés, ni des judéo-chrétiens déjà convaincus et informés de l’Alliance. Cela ne peut être qu’une composition d'une reconstruction idéologique, sélectionnant des biens textuels chargés d’Alliance pour fixer une histoire sacrée liée aux conquêtes. « N'avait-il pas pris d'eux le pacte du Livre ? » déclame le verset 169 de la sourate 7 ; en effet, si on remplace le mot « Livre » par « Tables de la loi » et le mot « Pacte » par « Alliance », on retrouve une notion judéo- chrétienne. « N'avait-il pas pris d'eux l’Alliance de la Loi ? Le Dôme du Rocher, premier sanctuaire islamique est porteur de telles spéculations associées au Paradis. Dans le judaïsme, il y a une seule Alliance. La Torah est un joug pesant pour le peuple élu (Deutéronome 6, 4-9) ; l'Alliance du Sinaï engendre l'esclavage, et cela est repris dans le Coran, avec ironie, à la sourate 62. Saint Paul évoque bien deux Alliances : l'Alliance nouvelle, inaugurée par Jésus-Christ et préfigurée par Isaac puis celle de Moïse (au Mont Sinaï arabe) dont hérite Isaac et l'Alliance primitive, avec Agar qui figure l'ancienne Alliance. C'est une généalogie allégorique, car Agar n'est pas dans la lignée de Moïse. Le texte de saint Paul est omplètement retourné puisque, désormais, c'est l'allégorie des frères Ismaël et Isaac (en pointillé dans le Coran) qui s'exprime dans la Tradition islamique. Cette dernière confirme d'abord Isaac, puis Ismaël, suite à des nécessités cartographiques ; la distance considérable à parcourir pour Isaac pour se rendre à La Mecque freine les spéculations.526 La mission ratée de Législateur attribuée à Jésus, permet par contre, une entrée en piste de son jumeau arabe qui va « parfaire la religion » et pousser au combat les anṣar, aides recrutés chez les naṣar, les chrétiens. Bref, pour convaincre et vaincre les chrétiens, quoi de mieux qu'une annonciation d'Aḥmad par Jésus et qu'une mobilisation des troupes anṣar (« secoureurs » d'Allah) chez les nṣar (« chrétiens »). Ce combat contre l'ennemi ontologique d'Allah mobilise l'énergie fondamentale de tout être depuis l'aube des temps, puisque ce combat ouvre en même temps l'Éden et la Terre sainte ; la route du sanctuaire n'est plus obstruée : « Nous dîmes : entrez dans cette ville, mangez de ses produits à satiété, partout où vous voudrez ; franchissez-en la porte en vous prosternant et dites : "Pardon, nous vous pardonnons." » (Q2/58) L'ennemi ontologique est celui qui refuse la royauté totale de Dieu sur sa Création, sous-lieutenance du Calife (‘Abd al-Malik). L'ennemi est l'homme ingrat qui préfère la vie trompeuse à celle de l'au-delà, celui qui soustrait ses biens à la Cause. L'ennemi devient progressivement l'Empire byzantin, sa gouvernance, ses taxes et son trinitarisme – les Ghassanides (vers la Syrie), confédérés à l'Empire byzantin, étant monophysites. Au fur et à mesure des alliances, les mušrikun varient, mais ils sont toujours des menteurs, ils mentent. Les commentateurs vont suggérer la possibilité de voyages avec Al Buraq pour Abraham. Le Pacte mosaïque est bien la pierre angulaire de la Vulgate car La Loi est un incontournable pour se définir. Des extraits de mouture rabbinique des Talmuds remplissent, cette fonction. L'équipe exégétique suggère un nouveau prédicateur recevant la Torah, du fait du non-accomplissement de cette dernière par les juifs. Il lui faut à la fois reconnaître cette Loi, cette bénédiction, cette lumière, cette descente sur les Fils d'Israël, tout en détournant en pointillé et furtivement le réceptacle. Aussi, la seule Loi qui est officiellement mise en avant est bien celle de la Torah. Cependant, la récupération de la Torah se fait hors du sol, hors du temps, hors du peuple, hors du schéma salvifique voulu par Dieu. L'Alliance biblique est située dans l'Histoire et n'est pas en dehors de celle-ci. Dans le Coran, tout est mythique et intemporel, sauf l'investiture de la terre. Cette incompréhension du déploiement du Salut est issue de la pensée syriaque et notamment de celle de Jacques d'Édesse. Ce dernier ne s’attache pas à l’idée d'une histoire du développement de la Révélation, mais connaît juste le principe de l'Alliance unique renouvelée plusieurs fois entre Dieu et l'humanité ainsi que l'envoi continu des prophètes. La « conquête » de « la Terre » sera sanctifiée, justifiée, sacralisée par une traversée effective du Jourdain – selon les récits et justifiée a posteriori par un vol vers Jérusalem puis un second envol vers les Cieux. Ainsi l’analogie avec Moïse qui n’atteint que les alentours de la terre sainte sera totale. Ainsi donc, la conquête de l'espace est première dans le corpus et dans l'histoire, mais elle correspond à essentiellement une géopolitique initiée par l'Empereur byzantin puisque le calendrier dit arabe débute l’année de reconquête initiée par Héraclius. La bataille de Mutah est le seul fait avéré historiquement qui se trouve décrit dans le Coran (sourate 30). La Victoire est lue à la lumière d'un transfert de l'Alliance et les schémas de saint Paul sur les deux alliances sont fort utiles pour l'expliquer. Ils sont adaptés aux deux fils d’Abraham. L'itinéraire suivi par les troupes de Muḥammad venant de Médine semble calqué sur celui des Hébreux ; l'itinéraire littéraire et théologique suivi fut celui tracé par tous les Messagers en simultané, avec une triangulation Moïse, Abraham, Jésus, pour se frayer une issue. Si, physiquement, il avait fallu arriver en face du Jourdain dont le passage était le signe de la conquête victorieuse de « la Terre » , Théologiquement il fallait maintenant arriver à se frayer un passage entre ces deux murailles des flots tumultueux du rabbinisme et du christianisme qui, à chaque pas, pouvaient engloutir cette reconstruction de l'Alliance. Cependant, les récits bibliques de l'Alliance sont insécables de la rédemption déployée dans le temps depuis la chute adamique. Les récits coraniques sur le Pacte, eux, sont ficelés par l'obéissance aux conquêtes dans le « sabil Allah », chemin confus vers Jérusalem et l'Éden. Les récits de l’itinéraire des troupes arabes s’accrochent aux récits des itinéraires des Hébreux et sont comme insérés, manu militari en phase terminale de composition. En sont témoin les allusions à la bataille de Badr, allusions quasi sibyllines ainsi que les réorientations sémantiques. L'Alliance d'un peuple avec Di...
Le Coran est un texte composé et composite et ses nombreuses anomalies textuelles et dogmatiques... more Le Coran est un texte composé et composite et ses nombreuses anomalies textuelles et dogmatiques le révèlent. En effet, ce sont ces aspérités entre les traditions islamiques et les discours coraniques qui permettent de comprendre la genèse du corpus sacral dans le proto-islam. Ce sont aussi les reconstructions du ductus consonantiques des codex qui manifestent ces compositions et constructions du dogme. Ici, nous partirons des anomalies du statut du Christ, déclaré signe de Miséricorde par le Coran et qui a mystérieusement échappé à la mort suscitant l’intérêt de l’auditoire mecquois selon la Tradition. Allah laisse faire ces persécutions même pour Muḥammad puisque ce dernier va être empoisonné. Le Coran n'a de cesse de rappeler la nécessaire persécution des Prophètes, condition sine qua non de leur authenticité. Mais pourtant pour Jésus, Allah fait une exception ; pour Jésus, il aurait rusé et fait illusion le substituant par un tiers martyrisé à sa place tout en ramenant le corps de chair de Jésus près de Lui, au ciel. Jésus échappe ainsi à ses bourreaux, Jésus est l’exception. Le Coran dit que Jésus est Vivant, le signe de miséricorde, exalté, la Parole de Dieu. Mais n’est-il pas aussi, le Messager plein de sollicitude, qui est compatissant et miséricordieux envers les croyants de la sourate 9 ? Seule la thèse d’une construction progressive de l’idiome islamique permet de lever ces contradictions et ces mystères.
Dans l’islam, les thèmes du combat final et absolu du Messie et/ou du Mahdi à la Fin des Temps so... more Dans l’islam, les thèmes du combat final et absolu du Messie et/ou du Mahdi à la Fin des Temps sont liés puisque selon les traditions islamiques le Messie Jésus est impliqué dans un combat spectaculaire contre le Dajjal à la Fin des Temps. Selon Robert Fuller , dans les traditions rabbiniques et nazaréennes, c’est la vive attente du Messie ben David qui rachètera Israël avec le dernier empereur qui anime encore les communautés juives à l’aube du 7ème siècle. En témoigne l’apocalypse de Zorobabel qui aborde la question de la date de la venue du Messie et de l’espoir d’un combat et d’une victoire à la fin des temps. Ce texte développe et approfondit des thèmes eschatologiques souvent familiers des traditions rabbiniques antérieures, notamment des éléments sur les Messies de Joseph et de David, le statut de Jérusalem et du Temple, le Jour du Seigneur, Gog et Magog, la résurrection des morts. L’échec de reconstruction du Temple en 614 ravive ces attentes d’un messie guerrier. Les auteurs du Coran réactivent, dans la sourate 18, la légende d’Alexandre qui avait une pertinence immédiate et contemporaine. Elle avait été adoptée par Héraclius à la fin de la guerre byzantine-sassanide de 602-628 comme propagande impériale. Comme l’ont démontré Kevin van Bladel et Stephen J. Shoemaker, en faisant circuler cette légende, Héraclius avait cherché à présenter la victoire mythique d’Alexandre sur Gog et Magog comme une allégorie de sa propre victoire sur le « païen » (en fait le Zoroastrien) Choroès. Or, ces thématiques puissamment eschatologiques occupent une place importante dans les inscriptions du dôme , dans les représentations des pièces arabo-byzantines et dans nombre de sourates du Coran. Or, toutes sces thématiques se focalisent sur une figure énigmatique : Muḥammad envoyé d’Allah. Allah auquel cette figure renvoie, est selon Matthieu Tillier, un Dieu de « justice » (Bandeau Intérieur du dôme), qui « rassemblera bientôt devant lui ceux qui refusent de l’adorer ». Le Jugement dernier auquel il est fait allusion se produira au « jour de la résurrection » (yawm al-qiyāma). On peut avancer que la croyance en la fin imminente du monde a fourni toute l’énergie et la puissance nécessaires à ces combats et conquêtes de la région par la nouvelle umma : communauté des croyants.
Notre étude est avant tout transversale et porte sur la conception de Marie (Maryam) dans l’islam... more Notre étude est avant tout transversale et porte sur la conception de Marie (Maryam) dans l’islam primitif. Les informations issues du Coran, des hadiths et de l’exégèse islamique seront croisées aux données issues des pèlerinages effectués par les pèlerins musulmans (entre le septième et neuvième siècle) sur l’esplanade du Dôme du Rocher ou Templum Dominum (Nom donné par les Croisés), lieu où la vie de la très sainte vierge Marie se serait déroulée dans les traditions tant chrétiennes qu’islamiques. Les informations données par les pèlerinages mariaux du Kathisma (siège de Marie), proches de Jérusalem eux aussi, seront également croisées pour nous donner une pleine compréhension du développement des conceptions de cette Sainte de La Noble Jérusalem. Si on examine le culte marial, tel qu’il se pratiquait dans la région de Jérusalem à la fin du VIe et au début du VIIe siècles, on constate que la basilique du Kathisma était attachée à la fête de la Mémoire de Marie très dépendante des apocryphes traitant de Marie. Les sources hébraïques et les conceptions rabbiniques afférentes à ces lieux seront aussi convoquées.
La majorité́ des musulmans vivent dans la peur permanente de l'enfer. La principale chaine qui ma... more La majorité́ des musulmans vivent dans la peur permanente de l'enfer. La principale chaine qui maintient les musulmans dans l'Islam est la peur : la peur d'Allah, la peur du châtiment dans la tombe et la crainte des supplices de l'enfer. Il est vrai que les commentateurs du Coran ont décrit avec des détails sanguinaires, sadiques cruels ce dernier. Dans le Coran, on trouve plus de deux cents répétitions du mot « enfer », plus de 163 répétitions de l'expression « le jour du jugement », plus de 365 répétitions du mot « châtiment » et ses nombreuses variantes (menaces, intimidation ...). De nombreux passages du Coran décrivent les enfers d'une façon terrifiante et ce thème est récurrent dans toutes les sourates. Cependant l'épisode le plus énigmatique est ce père de la flamme et de sa femme, épisode énoncé à la sourate 111.
Bibliquement parlant, l'élection de Dieu est liée soit à la nuptialité, soit à la « parenté par l... more Bibliquement parlant, l'élection de Dieu est liée soit à la nuptialité, soit à la « parenté par le Sang ». Osée évoque le temps où « les enfants d'Israël seront dénommés Les Fils du Dieu vivant », le temps où ils auront abandonné leurs idoles, le temps précieux où la « femme », Israël, se détournant de ses amants et de la débauche, appellera Dieu, Ishi, « mon époux ». Toutes ces marques d'Alliance bibliques « fortes et affectueuses » qui sont conclues entre l'Élu et Dieu, en terre d'Israël ne sont pas réclamées par le proto-islam. Elles lui sont étrangères puis elles lui font horreur. Paradoxalement, nous avons recensé tout au long de nos études coraniques, un imposant vocabulaire propre à l'élection divine en direction de « la meilleure communauté-Q3/110-» que serait désormais, cette idéale umma du proto-islam, installée en terre sainte, cette umma victorieuse qu'Allah cherche, aime et choisit, cette umma qui dicte Le Bien en terre sainte.
Dôme du Rocher sur le l’esplanade de l’ancien Temple est officiellement chargé, par les récits du... more Dôme du Rocher sur le l’esplanade de l’ancien Temple est officiellement chargé, par les récits du 7ème au 11ème siècle, des fonctions de l’ancien Temple de Salomon mais il est aussi doté, de par son fort symbolisme, des prérogatives du sanctuaire eschatologique (Éden) tant attendu, tant désiré par tous. Pour les Califes omeyades (depuis Umar) qui élaborèrent la construction symbolique de ce lieu, nommé à la fois, Sachrat Beit El Maqdis, Haram al-Sharif, ḥaram, mosquée d’Umar, c’est le lieu à la fois Saint et « interdit » qui condense, contracte, les histoires du sacré des juifs, des chrétiens et des proto-musulmans judéo-arabes. Sa géométrie épouse celle d’un octogone, confirmant et court-cuitant, le puissant symbolisme chrétien. Elle évoque par ses huit colonnes, la résurrection (ou l’ascension du Christ) mais permet aussi de révoquer le Saint-Sépulcre présent dans la basilique de la Résurrection. Le Dôme du miraj ou dôme de l’ascension du Messager qui le jouxte, semble confirmer ces essais successifs de phagocytage symbolique. Mais alors pourquoi ce dôme est-il la copie de celui de l’ascension de Jésus au Mont des Oliviers, pourquoi les frises du Dôme ne parle que de Jésus ? Aussi nous avançons l’hypothèse non seulement d’un syncrétisme symbolique délibéré pour effort des omeyades pour accaparer l’adhésion des diverses communautés mais aussi celle d’une substitution progressive. Les processus de recyclage-mixage des croyances à fond judaïque et folklore judéo-chrétien destinés à justifier l’autonomie des pouvoirs ont abouti fatalement à la fabrication du fondateur absolu, « celui qui louange », figure consensuelle au début, puis super scissionniste. Les dernières découvertes archéologiques et les documents historiques montrent que le Dôme du Rocher est inspiré du Temple juif et l'archéologue Assaf Avraham expose des données révèle les inscriptions du village musulman Nuva près de Hébron, portant le terme Sachrat Beit El Maqdis : Le Rocher du Temple Saint. Un rituel syncrétique célébrant le Rocher et ses pouvoirs eschatologique est d’ailleurs instauré dès le règne des premiers Califes et les célébrants sont des juifs et des chrétiens. Nous passerons en revue toutes ces nouvelles hiérophanies interrogeant les partages des éléments du sacré qu’ils soient des éléments de récits, des motifs iconiques, des éléments architecturaux ou des événements de hiérophanie. Nous interrogerons les évolutions possibles, les passerelles cultuelles d’un lieu à l’autre, et les juxtapositions des récits sotériologiques et les transferts d’attributs progressifs au cours des siècles pour parvenir à l’autonomie cultuelle.
Iblîs [Satan], est une figure abondamment citée dans le Coran, le plus souvent dans un contexte l... more Iblîs [Satan], est une figure abondamment citée dans le Coran, le plus souvent dans un contexte lié à l’expulsion originelle d'Adam de l’Éden, il est associé au refus de la prosternation devant Adam et ses interventions se réduisent et se focalisent sur cette non-prosternation. Il est le symbole et l’archétype de l’égarement et du mensonge. Cependant Iblîs n’est pas une figure simple mais ambigüe dans le Coran puisqu’il refuse à la fois d’obéir à l’ordre divin de prosternation mais il aide simultanément Allah dans le dépistage de l’associationisme chez Adam. C’est un agent double - voir triple puisqu’il a trois noms. Cette dualité est le fruit d’une histoire des idées et des fonctions sataniques définies à travers la littérature bibliques et parabibliques. Nous étudierons comment s'est forgée, à partir des idées collectionnées dans leur contexte, cette image coranique duelle et complexe du lapidé. Nous chercherons à comprendre pourquoi dans Le Coran, ce concurrent d'Allah persécute d’abord Adam de façon si intense et si farouche tout en restant l’agent fidèle d’Allah qui lui accorde du fait de ses bons et loyaux services, un délai. Cette dualité pourrait nous aider à comprendre les évolutions des idées développées sur cette figure du mal. Dans le Coran, le diable a trois noms : Iblîs, Sheytan, Rajim (qui signifie « le lapidé »), c’est nous venons de le voir plus un « employé » d’Allah qu’un concurrent. En effet, Allah n’est pas amour et donc il ne créé pas par amour comme dans la Bible mais il embauche Adam comme lieutenant et Satan pour tester l’homme et mettre en place un procès contre l’homme et opérer une sélection. Aussi le Diable va être l’associé d’Allah en vue de tenter et perdre les hommes et entraîner la chute du plus grand nombre. Le verset Q11/119 répété en Q32/13 et le verset Q7/18 témoignent de cette velléité maléfique d’Allah envers sa Créature et de son recours à Iblîs pour accomplir cette finalité. Un procès contre l’homme est instruit par Allah lui-même au verset Q37/22 : « rassemblez les injustes et conduisez-les au chemin de la Fournaise ». Déjà dans les sources judaïques, il joue le rôle de l’accusateur céleste auprès de Dieu (Midrâsh Rabbâ, Shemôt XVIII:5) – ce qui apparaît dans son nom, provenant de la racine hébraïque ś-ṭ-n dont le champ sémantique est « accuser, reprocher, dénigrer ». Mais comment expliquer malgré cette mission coranique reconnue de procureur de Dieu ? Comment interpréter cette mono-mission du Sheitan qui n’intervient qu’à l’origine et que dans ce cadre de l’Éden ? Comment expliquer la réduction de la symbolique de l’arbre qui n’est plus claire ? Seul un parcours littéraire des textes sacrés nous permettra de comprendre cette histoire essentiellement faite de haine et de jalousie entre l’Ange de Lumière et la créature d’argile, image de Dieu. En effet, la conception musulmane met en exergue cet incessant harcèlement satanique envers chaque humain, faisant du Sheitan la cause presque première de tous les maux. Au moment même de chaque naissance, Satan pique le nouveau-né qui se met à pleurer. Seuls ont été épargnés mystérieusement de cet attouchement du Démon Jésus et sa mère. Puis, c’est à chaque instant que le croyant doit veiller à respecter la Loi, seul fil d’Ariane vraiment sûr permettant d’éviter les subtils égarements suggérés par Satan. Des formules apotropéiques sans nombre entourent les actes quotidiens des croyants, la plus fréquente étant : « Je cherche un refuge en Dieu contre Satan le lapidé ». La « mission » d’Iblîs coranique de déchoir l’homme confirme cette vision et elle correspond bien à un pacte avec Allah tel qu’il apparaît avec l’histoire de Job, tester l’homme et le pousser à l’adorer sous forme de divinités pour remplir la géhenne. Mais cette mission est teintée de littérature inter-testamentaire. La jalousie du Sheitan, jaloux de l’homme et de son statut supérieur n’est pas biblique. L’identification du serpent de la Genèse à l’Ange déchu n’est pas connue de la Bible mais elle est systématiquement admise dans l’écrit coranique. C’est dans La Vie latine d’Adam et Ève que Satan s’associe avec le serpent pour faire expulser Adam et Ève du Paradis dont lui-même a été expulsé et c’est donc cette source que plagie le Coran. Ce sont dans ces écrits que Sheitan tient l’homme responsable de sa propre déchéance et qu’une animosité féroce les oppose. Le dialogue d’Ève et Satan n’est pas connu du Coran qui ignore le réel arbre interdit et ses réels fruits.
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Papers by Qadr Leila
faits de l'Alliance. Il ne fait que cela, il est récitation de
l’Alliance. Il regorge de toutes les typologies de celle-ci :
exode réactualisé en hiǧra, invocations enflammées au Mont
Sinaï :Ṭūr sīnīn –transplanté en Arabie méridionale –, hyper
sacralisation et focalisation de l'espace divin – maison de Dieu
et espaces consacrés à Dieu (« ḥaram ») – descentes incessantes
de signes –‘ayat523
–
, Shekinah apaisante accompagnant
l’ouverture de l’ultime combat et enfin de l’Esprit Saint planant
sur certains élus, élevés (Q2/253, Q19/17, Q4/171, Q2/87,
Q16/102). Cette Shekinah, manifestation particulière de la
présence de Dieu, en certains lieux ou à certaines personnes,
dans des circonstances exceptionnelles – sur le Sinaï (Ex 24,
14-15), dans la tente de réunion (Ex 40. 34-35) et dans le
Temple de Jérusalem (1 R 8, 10-11 ; Ez 43,4-6), la montagne
du sanctuaire – « descend » sur le messager aux sourates 2, 9,
48 x2 lors d’un combat eschatologique. déconnectée progressivement de toute notion connotant la
présence de Dieu524 et de celle de qiyāman, comprise comme un
élément symbolique et gestuel. Oui ce corpus est un magistral
hypertexte qui relie et tisse sans cesse les fils d'or de l'Alliance
mosaïque et évangélique. Il reflète à n’en pas douter, la
formation syro-araméenne des prédicateurs pétris de
psalmodies d'homélies syriaques et celles des scribes judéo-
arabes réquisitionnés pour cette tâche.
Aussi, sous le calame des scribes réquisitionnés – pétris
de récits bibliques dont parle la tradition islamique – tel Zayd
b. Thābit – et de ces lecteurs-philologues, le désir de pacte
mosaïque est fébrile et véhément ; les thèmes de l'exode, du
Sinaï, de l'obéissance et de la Loi martèlent inlassablement la
récitation de l'Alliance. Cependant, cette Alliance est virtuelle
et mythique puisque sa réactualisation se fait en émiettant et
dispersant les sources bibliques et en répudiant leurs
herméneutiques. L’acte d’écrire ce corpus, cet umm al kitab des
arabes ummis est érigé comme la pierre angulaire et vénérable.
L’acte de le proclamer va fédérer la umma, « meilleure
communauté » garante et gérante du « kutiba » (ce qui est
prescrit). La proclamation d’une nouvelle Alliance de façon
orale est une caractéristique du judéo-christianisme des
origines qui considérait les écritures closes et pour qui la
nouvelle alliance ne pouvait qu’être qu’incarnée. On note
l'inversion chronologique : le Livre sacré des juifs et chrétiens
suit toujours un acte de l’Alliance, alors que la Vulgate précède
un Pacte mythique et purement littéraire. En ressassant de
façon incessante ces faits puisés aux racines du Deutéronome
et en les mettant en branle dans le combat pour la croyance en
lui-même, les auteurs du Coran cherchent à faire de ce dernier
Le sceau de l'Alliance, l’alpha et l’oméga de cette dernière. Le
« Pacte » doit être compris comme l'Acte écrit, donc scellé, de
524. Lughat ul qur’an.
346
l'Alliance, Acte sacré qui englobe toutes les alliances,525 acte
légalisé qui transcrit et accuse à chaque récit, l’histoire des
Alliances rompues. Le Coran est l'hypertexte écrit, une fois pour
toute, la quintessence de tous les Actes des Alliances, il se
présente comme le Testament rectifié.
Aussi les logia justifiant la fondation de ce nouveau Pacte
implicite, brodent invariablement sur cet épisode mosaïque de
la réception ratée de la Loi. En dépit de ses variantes, le
principal récit fondateur du Coran et de son Pacte est
incontestablement le don de la Torah à Moïse au Sinaï. Le
« Rappel » de cet épisode mosaïque ne peut ni concerner des
polythéistes présupposés, ni des judéo-chrétiens déjà
convaincus et informés de l’Alliance. Cela ne peut être qu’une
composition d'une reconstruction idéologique, sélectionnant
des biens textuels chargés d’Alliance pour fixer une histoire
sacrée liée aux conquêtes. « N'avait-il pas pris d'eux le pacte du
Livre ? » déclame le verset 169 de la sourate 7 ; en effet, si on
remplace le mot « Livre » par « Tables de la loi » et le mot
« Pacte » par « Alliance », on retrouve une notion judéo-
chrétienne. « N'avait-il pas pris d'eux l’Alliance de la Loi ?
Le Dôme du Rocher, premier sanctuaire islamique est
porteur de telles spéculations associées au Paradis. Dans le
judaïsme, il y a une seule Alliance. La Torah est un joug pesant
pour le peuple élu (Deutéronome 6, 4-9) ; l'Alliance du Sinaï
engendre l'esclavage, et cela est repris dans le Coran, avec
ironie, à la sourate 62. Saint Paul évoque bien deux Alliances :
l'Alliance nouvelle, inaugurée par Jésus-Christ et préfigurée par
Isaac puis celle de Moïse (au Mont Sinaï arabe) dont hérite
Isaac et l'Alliance primitive, avec Agar qui figure l'ancienne
Alliance. C'est une généalogie allégorique, car Agar n'est pas
dans la lignée de Moïse. Le texte de saint Paul est omplètement retourné puisque, désormais, c'est l'allégorie des
frères Ismaël et Isaac (en pointillé dans le Coran) qui s'exprime
dans la Tradition islamique. Cette dernière confirme d'abord
Isaac, puis Ismaël, suite à des nécessités cartographiques ; la
distance considérable à parcourir pour Isaac pour se rendre à
La Mecque freine les spéculations.526
La mission ratée de Législateur attribuée à Jésus, permet
par contre, une entrée en piste de son jumeau arabe qui va
« parfaire la religion » et pousser au combat les anṣar, aides
recrutés chez les naṣar, les chrétiens. Bref, pour convaincre et
vaincre les chrétiens, quoi de mieux qu'une annonciation
d'Aḥmad par Jésus et qu'une mobilisation des troupes anṣar
(« secoureurs » d'Allah) chez les nṣar (« chrétiens »).
Ce combat contre l'ennemi ontologique d'Allah
mobilise l'énergie fondamentale de tout être depuis l'aube des
temps, puisque ce combat ouvre en même temps l'Éden et la
Terre sainte ; la route du sanctuaire n'est plus obstruée :
« Nous dîmes : entrez dans cette ville, mangez de ses produits
à satiété, partout où vous voudrez ; franchissez-en la porte en
vous prosternant et dites : "Pardon, nous vous pardonnons." »
(Q2/58) L'ennemi ontologique est celui qui refuse la royauté
totale de Dieu sur sa Création, sous-lieutenance du Calife (‘Abd
al-Malik). L'ennemi est l'homme ingrat qui préfère la vie
trompeuse à celle de l'au-delà, celui qui soustrait ses biens à la
Cause. L'ennemi devient progressivement l'Empire byzantin,
sa gouvernance, ses taxes et son trinitarisme – les Ghassanides
(vers la Syrie), confédérés à l'Empire byzantin, étant
monophysites. Au fur et à mesure des alliances, les mušrikun
varient, mais ils sont toujours des menteurs, ils mentent. Les commentateurs vont suggérer la possibilité de voyages avec Al
Buraq pour Abraham.
Le Pacte mosaïque est bien la pierre angulaire de la
Vulgate car La Loi est un incontournable pour se définir. Des
extraits de mouture rabbinique des Talmuds remplissent, cette
fonction. L'équipe exégétique suggère un nouveau prédicateur
recevant la Torah, du fait du non-accomplissement de cette
dernière par les juifs. Il lui faut à la fois reconnaître cette Loi,
cette bénédiction, cette lumière, cette descente sur les Fils
d'Israël, tout en détournant en pointillé et furtivement le
réceptacle. Aussi, la seule Loi qui est officiellement mise en
avant est bien celle de la Torah. Cependant, la récupération de
la Torah se fait hors du sol, hors du temps, hors du peuple,
hors du schéma salvifique voulu par Dieu. L'Alliance biblique
est située dans l'Histoire et n'est pas en dehors de celle-ci. Dans
le Coran, tout est mythique et intemporel, sauf l'investiture de
la terre. Cette incompréhension du déploiement du Salut est
issue de la pensée syriaque et notamment de celle de Jacques
d'Édesse. Ce dernier ne s’attache pas à l’idée d'une histoire du
développement de la Révélation, mais connaît juste le principe
de l'Alliance unique renouvelée plusieurs fois entre Dieu et
l'humanité ainsi que l'envoi continu des prophètes.
La « conquête » de « la Terre » sera sanctifiée, justifiée,
sacralisée par une traversée effective du Jourdain – selon les
récits et justifiée a posteriori par un vol vers Jérusalem puis un
second envol vers les Cieux. Ainsi l’analogie avec Moïse qui
n’atteint que les alentours de la terre sainte sera totale. Ainsi donc,
la conquête de l'espace est première dans le corpus et dans
l'histoire, mais elle correspond à essentiellement une
géopolitique initiée par l'Empereur byzantin puisque le
calendrier dit arabe débute l’année de reconquête initiée par
Héraclius. La bataille de Mutah est le seul fait avéré
historiquement qui se trouve décrit dans le Coran (sourate 30).
La Victoire est lue à la lumière d'un transfert de l'Alliance et les
schémas de saint Paul sur les deux alliances sont fort utiles
pour l'expliquer. Ils sont adaptés aux deux fils d’Abraham.
L'itinéraire suivi par les troupes de Muḥammad venant
de Médine semble calqué sur celui des Hébreux ; l'itinéraire
littéraire et théologique suivi fut celui tracé par tous les
Messagers en simultané, avec une triangulation Moïse,
Abraham, Jésus, pour se frayer une issue. Si, physiquement, il
avait fallu arriver en face du Jourdain dont le passage était le
signe de la conquête victorieuse de « la Terre »
,
Théologiquement il fallait maintenant arriver à se frayer un
passage entre ces deux murailles des flots tumultueux du
rabbinisme et du christianisme qui, à chaque pas, pouvaient
engloutir cette reconstruction de l'Alliance.
Cependant, les récits bibliques de l'Alliance sont
insécables de la rédemption déployée dans le temps depuis la
chute adamique. Les récits coraniques sur le Pacte, eux, sont
ficelés par l'obéissance aux conquêtes dans le « sabil Allah »,
chemin confus vers Jérusalem et l'Éden. Les récits de
l’itinéraire des troupes arabes s’accrochent aux récits des
itinéraires des Hébreux et sont comme insérés, manu militari en
phase terminale de composition. En sont témoin les allusions
à la bataille de Badr, allusions quasi sibyllines ainsi que les
réorientations sémantiques.
L'Alliance d'un peuple avec Di...
Drafts by Qadr Leila
Dans le Coran, le diable a trois noms : Iblîs, Sheytan, Rajim (qui signifie « le lapidé »), c’est nous venons de le voir plus un « employé » d’Allah qu’un concurrent. En effet, Allah n’est pas amour et donc il ne créé pas par amour comme dans la Bible mais il embauche Adam comme lieutenant et Satan pour tester l’homme et mettre en place un procès contre l’homme et opérer une sélection. Aussi le Diable va être l’associé d’Allah en vue de tenter et perdre les hommes et entraîner la chute du plus grand nombre. Le verset Q11/119 répété en Q32/13 et le verset Q7/18 témoignent de cette velléité maléfique d’Allah envers sa Créature et de son recours à Iblîs pour accomplir cette finalité. Un procès contre l’homme est instruit par Allah lui-même au verset Q37/22 : « rassemblez les injustes et conduisez-les au chemin de la Fournaise ». Déjà dans les sources judaïques, il joue le rôle de l’accusateur céleste auprès de Dieu (Midrâsh Rabbâ, Shemôt XVIII:5) – ce qui apparaît dans son nom, provenant de la racine hébraïque ś-ṭ-n dont le champ sémantique est « accuser, reprocher, dénigrer ».
Mais comment expliquer malgré cette mission coranique reconnue de procureur de Dieu ? Comment interpréter cette mono-mission du Sheitan qui n’intervient qu’à l’origine et que dans ce cadre de l’Éden ? Comment expliquer la réduction de la symbolique de l’arbre qui n’est plus claire ?
Seul un parcours littéraire des textes sacrés nous permettra de comprendre cette histoire essentiellement faite de haine et de jalousie entre l’Ange de Lumière et la créature d’argile, image de Dieu. En effet, la conception musulmane met en exergue cet incessant harcèlement satanique envers chaque humain, faisant du Sheitan la cause presque première de tous les maux. Au moment même de chaque naissance, Satan pique le nouveau-né qui se met à pleurer. Seuls ont été épargnés mystérieusement de cet attouchement du Démon Jésus et sa mère. Puis, c’est à chaque instant que le croyant doit veiller à respecter la Loi, seul fil d’Ariane vraiment sûr permettant d’éviter les subtils égarements suggérés par Satan. Des formules apotropéiques sans nombre entourent les actes quotidiens des croyants, la plus fréquente étant : « Je cherche un refuge en Dieu contre Satan le lapidé ». La « mission » d’Iblîs coranique de déchoir l’homme confirme cette vision et elle correspond bien à un pacte avec Allah tel qu’il apparaît avec l’histoire de Job, tester l’homme et le pousser à l’adorer sous forme de divinités pour remplir la géhenne. Mais cette mission est teintée de littérature inter-testamentaire. La jalousie du Sheitan, jaloux de l’homme et de son statut supérieur n’est pas biblique. L’identification du serpent de la Genèse à l’Ange déchu n’est pas connue de la Bible mais elle est systématiquement admise dans l’écrit coranique. C’est dans La Vie latine d’Adam et Ève que Satan s’associe avec le serpent pour faire expulser Adam et Ève du Paradis dont lui-même a été expulsé et c’est donc cette source que plagie le Coran. Ce sont dans ces écrits que Sheitan tient l’homme responsable de sa propre déchéance et qu’une animosité féroce les oppose. Le dialogue d’Ève et Satan n’est pas connu du Coran qui ignore le réel arbre interdit et ses réels fruits.