Dans "l'Inde ancienne", il y a ceux qui tiennent parole et sont tenus par la parole: ce sont les ... more Dans "l'Inde ancienne", il y a ceux qui tiennent parole et sont tenus par la parole: ce sont les brahmanes qui disent le Véda. De l'autre côté, il y a ceux qui retiennent leur parole et sont tenus par le silence: ce sont les yogins. 1. Les uns sont installés dans le monde qu'ils cherchent à fortifier et reproduire, ils ouvrent les yeux sur lui et leur plénitude est du côté de la pluralité. Les autres fuient le monde, ils ferment les yeux et leur plénitude penche vers la vacuité. Il y eut aussi bien des compromis entre la parole et le silence. Ici nous allons présenter le Véda, la parole sacrée des brahmanes devenue récemment un des textes où s'alimente, non sans difficultés, l'identité de l'Inde. Le Véda, la parole sacrée des brahmanes Chacun des termes de cette définition doit être apprécié: – Le Véda est parole: Ce fait est essentiel. Le Véda fut composé dans sa grande majorité avant l'introduction de l'écriture en Asie du Sud; la diffusion de l'écriture dans les siècles qui précèdent notre ère n'a pas entraîné l'adhésion des brahmanes, la classe intellectuelle dont les membres ont toujours tenu pour l'efficacité de la parole, et éminemment de la parole védique. Composée oralement, la parole védique, partie essentielle de la tradition brahmanique, s'est transmise oralement. Le Véda doit être récité et non lu : réciter du Véda, c'est faire un acte de parole, non un acte de lecture. Le Véda était la somme potentielle de tous les événements linguistiques auxquels il donnait lieu. Il s'actualisait dans des actes de parole et ceux-ci étaient alimentés par les mémoires des brahmanes où chaque fragment avait été déposé. Cet émiettement pratique n'empêchait pas d'imaginer un Véda indivis, source unique et silencieuse du flot de la parole dispersée. Cette distinction entre
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