QL15, 2025: S'inspirer de la Bible by Quêtes littéraires
Quêtes littéraires, n° 15, 2025 S'inspirer de la Bible, 2025

Quêtes littéraires, n° 15, 2025 S’inspirer de la Bible, 2025
Associer le nom de Babeuf à la Bible peut sembler paradoxal, voire déroutant, tant le tribun du p... more Associer le nom de Babeuf à la Bible peut sembler paradoxal, voire déroutant, tant le tribun du peuple s’est illustré par son rejet du catholicisme dès les premiers temps de la Révolution. Renonçant à son prénom de baptême, François-Noël, il adopte successivement ceux de Camille, puis de Gracchus, empruntés à l’Antiquité romaine, afin d’incarner plus pleinement l’idéal égalitaire qui le conduira à l’échafaud en 1797. Pourtant, les références au livre sacré du christianisme abondent dans ses écrits, et la figure du Christ y occupe une place centrale, tantôt comme modèle d’apôtre, tantôt comme image du martyr. Le babouvisme, préfiguration du communisme, puise ainsi dans la Bible une matière symbolique et rhétorique qu’il détourne par le pastiche ou la parodie. La mission de la Conjuration des Égaux s’inscrit dans cette logique : elle vise à promulguer un nouveau code moral et politique, un « décalogue de la sainte humanité, du sans-culottisme, de l’imprescriptible équité », selon les mots de Babeuf dans son Manifeste des plébéiens (1795), véritable évangile séculier destiné aux classes opprimées.

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Alphonse de Lamartine est un poète romantique dont l’œuvre, largement inspirée de la Bible, accor... more Alphonse de Lamartine est un poète romantique dont l’œuvre, largement inspirée de la Bible, accorde une place majeure à l’échelle de Jacob, un épisode hérité de la Genèse. Cet article dépliera les reformulations de ce motif afin de comprendre que l’écrivain conçoit le trajet vers le Seigneur comme l’alliance de l’essor et de la redescente : prier, en effet, c’est gravir l’escalier de la foi en sachant s’arrêter à l’instant précis où deviennent trop intenses les flammes de l’adoration. Parallèlement, l’échelle de Jacob acquiert une présence de plus en plus importante, consolidée par son insertion dans des domaines aussi variés que la science, la religion et la philosophie. Tous les moyens sont bons, pour Lamartine, afin de souligner l’importance d’une ascension métaphysique où le Créateur, de près ou de loin, a toujours le dernier mot.
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Cet article présente une analyse du poème « Ève » de Marie Krysinska, dans lequel la poétesse réé... more Cet article présente une analyse du poème « Ève » de Marie Krysinska, dans lequel la poétesse réécrit le mythe biblique afin de libérer la protagoniste du poids de la faute originelle. D’abord, l’étude montre comment Krysinska recentre le récit sur Ève, tout en créant un Eden féminin où le désir et la nature s’unissent sans culpabilité. Ensuite, elle analyse la reformulation de la relation avec le serpent et la remise en question des catégories de genre, de corps et de voix. Enfin, elle souligne l’effacement des figures masculines et l’interruption du récit avant la Chute, qui transforment Ève en figure autonome et innocente, emblème d’une relecture poétique et féministe du mythe.

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Cet article analyse l’évolution du récit biblique du Déluge à l’époque moderne à travers deux réé... more Cet article analyse l’évolution du récit biblique du Déluge à l’époque moderne à travers deux réécritures : « Après le Déluge » d’Arthur Rimbaud et L’Arche de Noé de Jules Supervielle. Les auteurs modernisent profondément le sens éthique du texte biblique, s’éloignant aussi des réinterprétations romantiques comme « Le Déluge » de Vigny. Sous l’influence de l’esthétique symboliste et de l’imaginaire moderniste, le message originel se transforme. Chez Rimbaud, Dieu et Noé disparaissent : la catastrophe devient l’occasion d’une renaissance poétique, tournée vers l’immanence et la création. Supervielle adopte une tonalité burlesque et étrange, mêlant merveilleux et grotesque pour montrer un monde postdiluvien privé de certitudes spirituelles. L’étude mobilise la transtextualité (Genette), la notion de « sacre de l’écrivain » (Bénichou), l’imaginaire bachelardien et la sémiotique kristevienne afin de montrer comment l’éthique biblique s’efface au profit d’une spiritualité nouvelle, fondée sur la parole qui remplace le Verbe divin.

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La fin du XIXe siècle – marquée par une vague de spleen et de pessimisme induite en partie par la... more La fin du XIXe siècle – marquée par une vague de spleen et de pessimisme induite en partie par la perte du sentiment religieux concomitante, chez les décadentistes, à un refus du modernisme – voit l’intense résurgence du mythe de Salomé. Perçue comme une enfant naïve (Flaubert) ou une fleur vénéneuse (Huysmans), comme une ombre occultée bien que toujours présente (Lorrain) ou une figure satirique (Laforgue), Salomé arbore au cours de cette ère dite décadente un visage protéiforme et se fait catalyseur des angoisses de l’époque. Cet article a pour objectif d’interroger plus en profondeur la lecture de l’hypotexte biblique par les écrivains antimodernes ainsi que la manière dont celui-ci est assimilé puis réinvesti dans l’ère désillusionnée qu’est le XIXe siècle finissant, afin de mettre en avant les modalités et les enjeux de cette hypertextualité. Les exemples de Lorrain, de Flaubert ou encore de Laforgue nous aideront à comprendre comment une fable du Nouveau Testament intervient à l’heure du décadentisme.

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L’article analyse le recueil Le Christ, Aphrodite et M. Pépin (1907) de Renée Vivien, dans lequel... more L’article analyse le recueil Le Christ, Aphrodite et M. Pépin (1907) de Renée Vivien, dans lequel la poétesse reprend des épisodes évangéliques en pastiche journalistique satirique. À travers cette réécriture, elle interroge la résonance du message chrétien à l’ère de la Belle Époque. La figure du Christ est présentée sous un angle ambivalent, incarnant à la fois un dissident et un symbole d’une désillusion face à la modernité et à l’industrie littéraire de l’époque. Vivien utilise la parodie pour explorer le conflit entre le sacré et le profane ; une tension profonde affleure sous la surface ironique, traduisant aussi son propre cheminement spirituel à la veille de sa conversion au catholicisme. L’article cherche à souligner la complexité et les paradoxes de Vivien, oscillant entre ironie et cheminement mystique dans une prose subtile et critique.
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