Patrice Cardot Mai 2026 3. Impliquer les acteurs non étatiques (villes, régions, ONG, universités, entreprises) pour dégéopolitiser les dynamiques de coopération. Pour répondre à cette problématique, l'essai adopte une démarche systémique...
morePatrice Cardot Mai 2026 3. Impliquer les acteurs non étatiques (villes, régions, ONG, universités, entreprises) pour dégéopolitiser les dynamiques de coopération. Pour répondre à cette problématique, l'essai adopte une démarche systémique et prospective, articulée en trois parties : Partie I : Diagnostic systémique -Décrypter les failles structurelles Objectif : Comprendre pourquoi les modèles traditionnels ont échoué, en analysant : o Économique : dumping agricole (ex. : effondrement des oliveraies tunisiennes face aux subventions européennes), privatisations opaques (ex. : autoroute Tanger-Méditerranée au Maroc). o Politique : externalisation des coûts migratoires (accords UE-Libye) ou sécuritaires (ventes d'armes à des régimes autoritaires). Rivalités États-Unis vs. Chine vs. Russie (ex. : contrôle des ports, diplomatie de la dette). Tensions régionales (Turquie vs. Grèce/Chypre, Maroc vs. Algérie, Israël vs. Iran/Hezbollah). Impunité institutionnalisée : veto au Conseil de sécurité de l'ONU, détournement des fonds européens, crimes de guerre non sanctionnés. Normalisation de la violence. Érosion de la confiance dans les institutions (ONU, UE, Ligue arabe). Crises humanitaires et écologiques (pénuries d'eau, désertification, pollution). • Archéologie des échecs : analyse comparative des processus Barcelone, Union Méditerranéenne, UpM, 5+5. • Décryptage des rapports de force : comment les lobbies (énergie, armement) et les puissances extérieures ont capturé les initiatives euroméditerranéennes. • Études de cas : Liban (effondrement systémique), Syrie (guerre par procuration), Méditerranée orientale (enjeux gaziers). → Message clé : Les échecs du passé ne sont pas des accidents, mais le résultat de dynamiques structurelles (asymétrie, impunité, fragmentation) qui appellent une refonte radicale des modèles de coopération. Objectif : Proposer un cadre conceptuel pour une Communauté Politique Méditerranéenne (CPM), fondée sur : • Des principes innovants : 1. Souveraineté partagée : gestion collective des défis transnationaux (migration, climat, sécurité). ▪ Chine : diplomatie de la dette (ex. : ports de Pirée, Tanger), risques de dépendance technologique. ▪ Russie : déstabilisation (cyberattaques, désinformation, soutien aux milices en Libye/Syrie). o Puissances régionales : Turquie (revendications en Méditerranée orientale), Iran (Hezbollah au Liban), Arabie saoudite (rivalité avec Téhéran). o Utiliser les cadres européens : fonds Interreg, Global Gateway, BEI pour financer des projets méditerranéens. o Approche progressive : commencer par des projets sectoriels (énergie, eau) entre États volontaires. o Impliquer les acteurs non étatiques : plateformes citoyennes, réseaux universitaires, partenariats public-privé. o Anticiper les réactions géopolitiques : diplomatie inclusive (donner un rôle à chaque puissance), diversification des partenariats (Japon, Inde), cybersécurité renforcée. Phase Actions Acteurs clés Préparation : études de faisabilité, consultations, accords préliminaires. États volontaires, sociétés civiles. Lancement : projets phares (énergie, eau), élargissement progressif. UE, BEI, ONG, entreprises. Consolidation : renforcement des institutions, pérennisation des mécanismes. Tous les acteurs méditerranéens. → Message clé : La CPM n'est pas une utopie, mais un projet réaliste, à condition de composer avec les contraintes (internes et exogènes) et de tirer parti des opportunités (dynamiques locales, fonds européens, rivalités entre grandes puissances). Cet essai ne se contente pas de dresser un constat désolant de la situation en Méditerranée. Il propose : Un diagnostic sans concession des échecs passés. Une vision alternative : la Communauté Politique Méditerranéenne (CPM) comme réponse aux failles de l'UE et aux blocages géopolitiques. Des mécanismes concrets pour passer de la théorie à l'action (coopération décentralisée, alliances thématiques, fonds régionaux). Une feuille de route réaliste pour 2027-2040. Enjeu final : La Méditerranée est à un carrefour historique. Soit elle accepte de rester un théâtre des rivalités extérieures, soit elle ose écrire un nouveau chapitre de son histoire -celui d'une région où la souveraineté est partagée, la justice transitionnelle une réalité, et la résilience collective une nécessité.